AQUARELLE

APPRENDRE L’AQUARELLE : COMMENT ÉVITER LES CATASTROPHES

Un truc très important lorsque l’on veut apprendre l’aquarelle, c’est l’état d’esprit.

Il est important d’être serein quand on commence quelque chose.

Mais on a beau le savoir, quand on pratique l’aquarelle c’est toujours plus facile à dire qu’à faire, surtout quand on a l’impression de marcher sur un fil en permanence. C’est normal, car être serein demande une certaine confiance en soi et surtout en votre technique de peinture…

Bref, tout ça pourrait se résumer à savoir faire le bon geste au bon endroit et au bon moment.

Mais ce résumé est un peu limité car, comme en cuisine,  il manque un ingrédient essentiel qui rend l’aquarelle si spécifique.

L’eau… Oui sans eau pas d’aquarelle.

C’est l’eau qui vous permet de faire naître une couleur, de l’atténuer ou de la transformer.

C’est l’eau qui permet de poser les couleurs de différentes manières sur la feuille et de créer les effets dont vous avez besoin pour peindre la nature et la sublimer…

Et hélas, c’est aussi l’eau qui peut gâcher totalement votre boulot en une demi-seconde.

Si vous vous demandez encore ce qui crée le doute, et d’où vient votre manque de confiance lorsque vous prenez votre pinceau, la réponse devient évidente.

Mais avant de vous sentir submergé et noyé par votre manque de maîtrise, regardez d’abord cette vidéo…

Conseils techniques pour éviter les catastrophes à l’aquarelle.

Ce qu’il faut changer techniquement pour vraiment progresser à l’aquarelle?

Avant tout, il est important de  faire cette distinction.

Il existe différentes façons d’aborder cette discipline et on pourrait presque dire 2 écoles.

Commment peindre de beaux paysages à l'aquarelle

1- La colorisation

Il s’agit de mettre en couleurs un dessin déjà très abouti. Un travail de précision où chaque geste compte. Vous devez remplir des zones en faisant des aplats parfaits, des dégradés au millimètre sans déborder. Bref être le plus propre possible et éviter le geste de trop. Ce travail est très utilisé dans des milieux comme la bande-dessinée ou l’illustration par exemple. Il peut être magnifique au final, mais dans ce cas de figure,vous l’aurez compris, il n’y a pas de place pour le laisser-aller et l’impro. Et quand on n’est pas sûr de soi, rien de tel pour trembler de la main😉)

2- La peinture d’après nature :

paysage fait par le grand peintre aquarelliste Adrew Wyeth
Magnifique paysage fait par le peintre Andrew Wyeth

J’aurais pu tout simplement dire la peinture. Cette seconde école laisse un champ de possibilités et d’improvisation beaucoup plus large. La grande différence avec la méthode précédente vient de la place laissée au dessin. En règle générale, le peintre d’après nature part d’un croquis très succinct qui lui sert juste de repère pour peindre. Certains peintres ne font d’ailleurs pas d’esquisse préalable pour laisser totalement la place au travail pictural. On pense et on se focalise sur la peinture avant tout et tout ce qu’elle implique en termes de gestuelle et de mélange.

Évidemment, ces deux écoles ont des racines techniques communes car dans les deux cas, on utilise le dégradé, l’aplat et le fondu. Mais un peintre est dans l’expérimentation. Et en termes d’état d’esprit ça change tout. Si votre dégradé déborde de la zone ou n’est pas parfait, les 3-4 du temps c’est largement rattrapable. Et l’aspect vivant et dynamique permet en général de masquer pas mal d’imperfections et dans certains cas même de jouer avec.

Mais je sais ce que vous vous dites : peindre des paysages ne résoudra pas l’aspect maladroit et naïf de mes peintures. C’est vrai, mais si je vous raconte tout ça, l’objectif est d’opter pour la pratique qui vous enlèvera un maximum de pression. Avant de faire cette distinction, j’étais focalisé sur le fait d’avoir un rendu propre… et cet état d’esprit me bloquait totalement sur le plan gestuel, car j’étais en permanence dans la retenue et le doute.

Ce doute est légitime, surtout quand on a l’impression de ne rien contrôler ou pas grand-chose. On se dit souvent que l’aquarelle est une discipline très exigeante techniquement.

Mais il faut savoir qu’en général l’aquarelle repose uniquement sur 4 ou 5 techniques de base.

Si vous ratez vos aquarelles c’est en général pour ces 2 mêmes raisons :

1/ Vous mettez trop d’eau…Le pigment est trop dilué, la feuille n’absorbe plus le liquide : catastrophe assurée 🙂

2/ Vous repassez sur la même zone de votre travail (en remettant de l’eau) ce qui crée inévitablement des auréoles.

3/ Plus vous superposez des couches, plus ça se voit et laisse des traces. Et si vous repassez avec un pinceau chargé d’eau sur une surface déjà humide, c’est très difficilement contrôlable (surtout si vous débutez).

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Voici maintenant 3 conseils pour remédier à ça :

1- Commencez par la technique sèche, c’est-à-dire en humidifiant juste votre pinceau (et pas votre feuille). Même s’il faut toujours un minimum d’humidité pour travailler l’aquarelle. Charger peu votre pinceau en eau au début permet de mieux contrôler la situation.

Évidemment, il vous faudra un minimum d’humidité pour peindre, et par exemple faire un aplat sera plus compliqué avec cette technique. Mais elle vous permettra de vous familiariser peu à peu avec le médium.Vous pourrez observer les temps de séchages, comment le pigment évolue sur le papier une fois sec, et surtout point majeur de la peinture aquarelle, comprendre le système de couches superposées ou lavis.

Démarrez sur des formats modestes au début pour mieux tester les choses et ne pas à avoir à remplir de grandes surfaces. Car plus la surface est grande, plus il faudra d’eau et de pigment pour la remplir. Avec le temps, plus vous vous sentirez à l’aise, plus vous jouerez avec l’eau et les effets.

Ce qui vous amènera naturellement à utiliser cette seconde technique : L’ humide sur humide. Celle-ci revient à humidifier la feuille ou à peindre sur une couche non seiche. Cette technique est plus complexe mais permet plus de choses techniquement. Comme par exemple le fondu de couleur(s), mais aussi de pouvoir reprendre une zone sans faire de trace(s).

2- Pensez avant de faire.

Cela tient en une phrase : Observez et respectez les temps de séchage.

Quand je vous parlais d’agencement, c’est que la conception d’une aquarelle repose sur un système de couches. Et c’est d’autant plus flagrant dans le cas d’un paysage. Le fond ou le ciel est créé en général en premier, puis on crée des éléments dans le lointain par-dessus, viennent ensuite se superposer à ça les éléments de la scène plus rapprochés et ceux situés en gros plan. C’est la clef technique principale de la peinture aquarelle…

Posez-vous cette question à chaque nouvelle étape de votre peinture :

Dois-je encore travailler le fond avant qu’il ne sèche totalement ?  Ou dois-je attendre qu’il soit bien sec pour passer à l’étape suivante ? Car une fois sec, vous n’avez pas d’autre choix que de passer à une autre couche.

3- Restez simple.

Comment bien choisir un sujet pour le peindre à l'aquarelle facilement

La simplicité en peinture est due en grande partie au choix de votre sujet. Rien ne sert de vous lancer dans des sujets trop élaborés avec des détails dans tous les sens. Une maison, 2 ou 3 arbres ou buissons, un ciel suffisent largement pour expérimenter et faire de très belles choses. Ce genre de sujet-type permet de répéter vos gammes, en peignant ces mêmes éléments de décor(s), mais un petit peu mieux à chaque fois.

En mettant en application ces 3 points, vous verrez votre travail évoluer grandement et vos aquarelles seront de bien meilleure qualité.

Dernier petit conseil pour conclure.

Quoi que vous fassiez à l’aquarelle, faites-le vite. Il n’y a que des avantages à ça. Oubliez l’application pour quelques temps…Testez un maximum de choses avant de vous lancer dans de grands projets appliqués. L’aquarelle est une technique difficile si on l’aborde de manière trop abrupte. Elle peut devenir légère et amusante si vous le faites autrement 😉

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Très bonne peinture 😉

Léo.

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9Commentaires

  1. France
    1 décembre 2020 at 12 12 06 120612 — Répondre

    Merci pour tes conseils et je n arrive pas a les mettre vraiment en application et mon rendu est toujours un peu fade
    De plus des que je commence à vouloir ajouter des couches par ex pour foncer pour le contraste c la que ça se complique et j ai l impression de gâcher ma 1ere couche
    Je retourne régulièrement regarder la formation aquarelle que j ai pris dans tes formations !

    • 2 décembre 2020 at 12 12 11 121112 — Répondre

      Bonjour France, oui c’est un point délicat.
      Il faut parfois éviter la repasse pour conserver l’aspect transparent et lumineux.
      Merci à toi.

  2. Axelle
    1 décembre 2020 at 12 12 08 120812 — Répondre

    Merci pour vos conseils éclairant et liberatoire Belle coïncidence Andrew Sue tu est le peintre une de ses toiles au Moma New York qui m a ouvert les yeux et.le coeur à la peinture Axl

    • 2 décembre 2020 at 12 12 03 120312 — Répondre

      Super merci à vous Axelle 😉

  3. 1 décembre 2020 at 18 06 09 120912 — Répondre

    Merci Léo pour toutes vos explications, vos précisions et l’analyse des émotions qui vont avec! Je suis attirée par l’aquarelle précise et aussi par l’intuitive, tout en ayant peur de me lancer , peur de faire faux Pour ce qui est d’un paysage, 1° faire le fond, comprenant ciel et nuages 2° esquisser le plus lointain du paysage qui doit être assez clair 3° Peindre progressivement les sujets du fond vers le devant car plus foncer . Ai je bien compris?
    J’espère que vos autres élèves sont plus ouverts que moi !!!

    • 2 décembre 2020 at 12 12 07 120712 — Répondre

      Bonjour Patricia, oui c’est ça en gros. Mais il y a parfois des subtilités.
      L’essentiel est de ne pas se laisser surprendre par l’humidité de la feuille, de savoir contrôler et utiliser ce point.
      Merci à vous 😉

  4. Gaelle
    2 décembre 2020 at 14 02 46 124612 — Répondre

    Dur dur de faire simple… toujours cette envie de complexifier, rajouter, mélanger … quelle erreur au final ! perso j’adore faire un peu au feeling en m’inspirant de ce que j’ai glané à droite et à gauche… je me plante souvent mais j’aime beaucoup ce temps d’auto-critique apres coup pour se corriger, et glorifier les petites victoires 😉 .
    Belle journée !
    Gaëlle

    • 9 décembre 2020 at 16 04 19 121912 — Répondre

      Merci beaucoup pour ce témoignage Gaëlle,
      c’est exactement ce que je tente de transmettre.
      L’essai est un point clef de l’apprentissage et se planter fait parti du jeux.
      Très bonne journée
      Léo.

  5. Nadine
    2 décembre 2020 at 15 03 05 120512 — Répondre

    Merci pour les explications claires très pédagogiques et même si on pratique la répétition est toujours constructive !

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